L'éducation : investir ou subir
La Guinée est à un carrefour. Dans vingt ans, sa population aura doublé. Si le système éducatif actuel ne se transforme pas en profondeur, ce doublement de population se traduira par un doublement du chômage et de la pauvreté. Si au contraire nous investissons maintenant, ce même doublement peut devenir le moteur d'une croissance sans précédent.
L'état des lieux
Les chiffres sont préoccupants : taux d'alphabétisation insuffisant en milieu rural, taux d'abandon scolaire élevé particulièrement chez les filles, manque chronique d'enseignants qualifiés dans les zones reculées, curricula inadaptés aux besoins de l'économie moderne.
Les réformes urgentes
- Revalorisation du statut et du salaire des enseignants : pour attirer et retenir les meilleurs profils dans la profession
- Révision des programmes : intégrer l'éducation numérique, l'entrepreneuriat et les langues nationales
- Gratuité réelle des fournitures scolaires : non seulement les frais de scolarité, mais aussi les manuels, les uniformes et la cantine
- Construction d'écoles dans les zones rurales : avec des logements pour les enseignants afin de lutter contre l'absentéisme
L'éducation des filles : un impératif
Chaque année d'éducation supplémentaire pour une fille augmente son revenu futur de 10 % en moyenne et réduit le taux de mortalité infantile. Investir dans l'éducation des filles n'est pas une question de justice abstraite : c'est l'investissement à plus fort rendement disponible pour une société.
Le financement
Le budget de l'éducation doit être porté à 20 % du budget national, conformément aux engagements internationaux de la Guinée. C'est un choix politique, pas une contrainte budgétaire infranchissable.